Australie : D’Adélaïde à Alice Springs en passant par l’Uluru

Ce matin, nous nous préparons à parcourir près de 1500 kilomètres pour atteindre l’immanquable Uluru (Ayers Rock) au cœur de l’Outback australien.

Nous avons profité de notre escale à Adélaïde pour organiser au mieux notre voyage dans le désert. Bidon d’eau de 10 litres, jerricane de 20 litres, provisions de nourriture, Camps7 (surtout pour choisir nos points de repos et de ravitaillement parce qu’il n’y a qu’une route)… le principal y est alors c’est parti !


Malgré la distance parcourue, la rencontre d’une voiture au mieux tous les 50 kilomètres, parfois l’absence de radio et l’aridité certaine du paysage, nous ne pouvons qu’être absorbés par cette immensité, plus végétalisée et moins monotone qu’il n’y paraît. Avec ou sans verdure, la terre parfois blanche parfois rouge, les lacs salés asséchés, ici quelques Émeus (nos premiers !), des chevaux, des vaches et des dromadaires, pas de place pour l’ennui.

 

 

La journée touche presque à sa fin et nous sommes à Coober Pedy, la terre des opales et ces étranges taupinières se trouvent être l’emplacement des mines.

Il est temps de faire le plein d’essence et nous sommes (enfin ?) confronté à la sombre réalité d’une île dont les héritiers légitimes semblent dépossédés de tout repère, davantage encore que de leurs terres. Ce constat n’est pas une surprise, nombre de voyageurs nous avaient parlé de la situation des Aborigènes. Mais il est si difficile de décrire et d’imaginer ces hommes et ces femmes au profond regard noir, leur errance ici dans les rues de Coober Pedy et plus au nord dans les rues d’Alice Springs, la tristesse qu’évoque l’image de leurs âmes déracinées, transplantées malgré elles vers une culture occidentale qui ne les nourrit pas.

Une culture qui puise en ces hommes, ces femmes, leur histoire et leurs croyance les ressources de son économie touristique, faisant de chacune des mains disponibles le support rentable d’un pinceau d’artiste, créateur d’une toile achetée quelques dizaines de dollars et vendue plusieurs centaines (ou plusieurs milliers ?!). A quelques centaines de kilomètres de ce plein d’essence, il est écrit partout que les Aborigènes n’escaladent pas l’Uluru, que par respect et pour des raisons de sécurité il est interdit de grimper, que le touriste têtu s’expose à une amende…

Pourtant chaque jour, des dizaines d’étrangers s’attaquent à la pente abrupte autrefois ouverte aux touristes mais aujourd’hui close. Alors, on se demande où sont les Rangers, eux qui travaillent à la préservation du désert, eux qui travaillent main dans la main avec les Aborigènes… comme c’est écrit !

Après cette courte escale, nous roulons une bonne heure avant d’établir notre campement, sur une aire de repos, seuls au milieu du désert. Pas tout à fait seuls en réalité, car il y a les mouches et nous ne sommes pas au bout de nos peines. La nuit est bien chaude, fini l’air marin qui rafraîchit le van. Quelle idée d’attendre l’été pour se rendre dans le désert ?

Deuxième jour de route, il ne nous reste plus que 500 ou 600 kilomètres à parcourir, soit une dizaine ou une vingtaine de voitures à croiser et à saluer, car c’est la coutume ici dans le désert.

Et voilà, nous y sommes, malgré la pluie qui le frappe, nous apercevons l’Ayers Rock comme sorti de nulle part, lui qui va nous tenir compagnie les trois prochains jours !

Oui, Trois jours, ça peut paraître un peu long mais à cette période de l’année, impossible de randonner après 10h, les journées sont donc assez courtes et nous avons décidé de voir le maximum de choses pour ne pas revenir trop vite dans l’Outback. Au programme de ces trois jours, levers et couchers de soleil, randonnée autour de l’Uluru, randonnée au cœur des monts Olga et… piscine ! Oui, oui, piscine ! Comme il est interdit de camper dans l’enceinte du parc National, que l’entrée du parc est à 25 km de l’Uluru, que la première aire de repos est à 50 km de l’entrée et que l’essence est assez chère, nous avons opté pour l’Ayers Rock Campground près de l’entrée, 36$ l’emplacement, douches, piscine et la troisième nuit gratuite.

Au pied de l’Uluru
A droite l’Uluru et au loin les monts Olga
Monts Olga

Tous ces endroits sont magnifiques même si nous avons dû ruser pour supporter les mouches. Comment ? Tout simplement en utilisant nos moustiquaires, elles ne sont pas sorties du sac depuis le début du voyage, il fallait bien qu’elles servent un jour. Incognito les Frenchies !

Sinon, depuis deux ou trois jours nos montres avancent d’une heure, rien de grave en soi puisque nous sommes toujours en avance sans le savoir, mais ce matin nous sommes à l’entrée du Parc Naturel à l’ouverture, à 5h… Ah non, il est seulement 4h on va donc devoir attendre dans le van une petite heure ! Pas grave, on est pas fatigués on dort tellement bien quand il fait chaud la nuit. Quand on vous dit qu’on n’est pas partis se reposer, maintenant vous nous croyez ?!

Sur la route pour Alice Springs, nous faisons un détour par le Kings Canyon dans le Watarrka National Parc, une randonnée vertigineuse, pas l’une des plus faciles mais bien l’une des plus belles !

Nous avions prévu de finir notre excursion désertique en passant trois jours complets à Alice Springs… seulement après une longue matinée, un tour des galeries d’art Aborigène et du centre commercial, on tourne en rond comme deux poissons dans un bocal. C’est décidé, on prend le van et on complète notre visite par les West MacDonnell Ranges, un aller-retour sur deux jours qui nous ajoute 200 kilomètres au compteur et autant de beaux souvenirs.

C’est déjà notre dernière nuit en van, demain nous dormirons dans une auberge de jeunesse avant de prendre l’avion pour la dernière étape du voyage, Melbourne.

23 jours et plus de 6 000 kilomètres plus tard, nous sommes les pros de la conduite à gauche, des nouilles instantanées, des astuces anti-mouches et nous savons désormais qu’il est inutile de s’encombrer d’un jerricane.

Pourquoi ? Déjà parce qu’il y a des stations essence tous les 200 km, en faisant le plein à toutes les pompes vous êtes certains de ne pas tomber en panne. Ensuite ça vous évitera de passer 15 minutes à fermer le bidon pour qu’il soit bien étanche et 30 minutes de plus pour découper le bouchon avec un vieux couteaux de cantine parce qu’il ne veut plus s’ouvrir à la fin du voyage… une précaution inutile à 20$ qui finie à la poubelle dés sa première utilisation, encore une bonne crise de nerf et finalement un bon fou-rire !

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1 commentaire

  1. Encore une sacrée belle étape. Cette route interminable est vraiment fantastique, sans doute on se croirait seul au monde. Et puis ce fameux rocher il vaut le coup d'oeil et surtout les 1500 kilomêtres de « détour »
    Avec le recul on s'aperçoit que vous avez vraiment fait un énorme voyage et surtout une vraie avanture !
    BM

    Aimé par 1 personne

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