Indonésie : L’est de Java

Etant donné que Benoît rêve du temple de Borobudur, que Justine rêve des volcans Bromo et Ijen, que Claire nous a rejoint pour passer Noël à Bali, que tout ça se trouve au centre ou à l’est de Java et qu’aucun voyageur ne nous a recommandé Jakarta à l’ouest, nous décidons de prendre un avion direct de Singapour à Yogyakarta (131 € / pers sur AirAsia, 2 jours seulement avant le départ).


Arrivés à l’aéroport, nous nous acquittons des 25 $ nécessaires à l’obtention du visa indonésien et nous partons à la recherche du bus qui assure les liaisons entre l’aéroport et le centre ville, une tâche qui s’avère plutôt facile.

Nous descendons sur la « Jalan Marlioboro », l’artère principale de la ville, et Claire découvre deux des activités régulières du voyageur au long cours : s’adapter rapidement à la monnaie locale, 16 000 Roupiah (IDR) = 1 € ; et trouver une chambre pas chère mais confortable, et désormais une chambre pour trois.

Une fois notre mission accomplie, nous parcourons les étals de souvenirs de la « Jalan Marlioboro » sur laquelle nous nous laissons amadouer par un indonésien qui veut nous montrer une galerie de « batik », l’art traditionnel d’Indonésie. Après quelques explications techniques sur la manière dont sont réalisées les toiles, à savoir en dessinant le motif avec un mélange de cire et de paraffine avant de teindre l’étoffe puis de faire fondre la cire et de répéter l’opération (sachant qu’à chaque cycle les parties recouvertes de cire résistent à la coloration alors que pour les autres les teintes se mélangent), il nous laisse faire le tour de la galerie en nous expliquant que ces toiles sont vendues pour la charité et que l’argent est reversé à des écoles… on apprendra le lendemain qu’il s’agit d’une arnaque répandue à Jogja, avec des prix 10 fois supérieurs à ce que valent les toiles.

Il est d’ailleurs assez difficile de savoir qui croire à Jogja car l’homme sympathique qui nous révèle la supercherie nous assure également que le Palais du Sultan (Keraton)* est fermé et qu’il n’y a aucun intérêt à se rendre dans l’enceinte de l’ancien « Water Palace »** deux informations erronées, comme en témoignent ces photos.

Keraton

Water Palace

Le troisième jour, nous empruntons les bus locaux pour nous rendre au célèbre temple de Borobudur. Il est dimanche et de nombreux Indonésiens sont de la partie, ce qui donne à notre visite une tournure assez inattendue. Nous gravissons les marches du temple sous les regards timides et curieux de dizaines de groupes de jeunes… qui veulent nous prendre en photo car pour la plupart ils n’ont jamais vu d’occidentaux !

En quelques minutes, nous volons la vedette au temple millénaire, une expérience indescriptible et inoubliable, même si on peut regretter de ne pas avoir profité pleinement de Borobudur.

Il nous reste désormais à partir pour l’est et découvrir deux célèbres volcans de l’île de Java, le Mont Bromo et le Mont Ijen. Deux options s’offrent à nous, se débrouiller seuls ou payer 540 000 IDR pour 3 jours de voyage, trajets et chambres compris. Comme la première option risque de prendre plus de temps, pour un prix équivalent, nous optons pour le tour organisé. Autant le dire, ayant lu quelques commentaires de voyageurs, on s’attend à passer les 3 plus mauvais jours de notre vie de backpackers… ce sera finalement l’un des plus beaux souvenirs du voyage.

Il faut dire que nous avons de la chance, nous sommes les premiers devant le minibus ce qui nous offre le luxe de choisir nos places et nous ferons finalement le trajet à 6 pour 11 places. De Jogja, le bus nous conduit à Probolingo (environ 8h de trajet) où un second bus prend le relais pour le parc du Mont Bromo (encore 2h de trajet).

A l’hôtel, Claire utilise son sèche-cheveux… et fait sauter les plombs ! Impossible de trouver un responsable et personne d’autre ne sort de sa chambre alors que tout le bâtiment est plongé dans le noir. L’un d’entre eux nous dira même qu’après une certaine heure ils doivent couper l’électricité ! A la lueur d’une lampe torche, accompagnés de nombreux cafards, nous finissons par trouver le tableau électrique et remettre le courant. Après une seconde tentative qui nous plonge à nouveau dans le noir et sur la route des cafards, Claire se résout à se coucher les cheveux mouillés.

La nuit est courte, à 4h nous montons dans la Jeep qui nous mène au pied du point de vue où  nous devons observer le lever du soleil. Encore un bon quart d’heure de marche douloureuse et nous sommes prêts à admirer le soleil qui éclaire petit à petit la vallée où les arbres perchés sur les crêtes projettent leurs ombres élancées.

  

  

Retour à la Jeep, direction le pied du cratère. Quelques centaines de mètres à pied, plusieurs dizaines de marches à grimper et nous voilà au sommet du volcan d’où émanent des vapeurs soufrées.

  

Il est 8h30, la jeep nous ramène à l’hôtel, le temps de prendre une douche et d’avaler un petit-déjeuner et nous voilà de nouveau dans le minibus direction… Probolingo. De là, après deux longues heures de patience, un second bus nous prend en charge pour nous conduire au coeur du parc du Mont Ijen. L’hôtel n’est pas luxueux et offre comme seul repas un « buffet » à 50 000 IDR, soit deux fois le prix normal d’un repas, mais nous avons profité d’un  bain dans une source chaude… le luxe a un prix !

Alors que les plus courageux se lèvent à minuit pour profiter des feux follets au cœur du cratère, nous nous contentons de la seconde option, un lever à 4h pour le cratère au petit jour.

Ici commence l’un des moments les plus marquants du voyage, du parking il faut plus d’une heure pour accéder au sommet du volcan, nous sommes accompagnés par deux jeunes porteurs de soufre qui veulent nous servir de guide (moyennant 400 000 IDR) pour descendre au cœur du cratère… où ils travaillent.

 

Chaque jour, des dizaines d’hommes courageux viennent extraire entre 60 et 80 kg de soufre qu’ils remontent du cœur du volcan pour le redescendre jusqu’au parking. Un aller-retour dure 3h et ils le font deux fois par jour. Mieux payés qu’un ouvrier indonésien moyen, ces hommes sacrifient 10 à 20 ans d’espérance de vie pour nourrir leur famille.

Faire le trajet avec eux, rien qu’une fois sans rien sur le dos, c’est mesurer à la fois leur courage et la chance que l’on a… d’autant que dans quelques heures nous prendrons le ferry pour Bali.

* Sans guide, la découverte du Keraton s’avère peu intéressante étant donné qu’il y a très peu de panneaux explicatifs

** Les vestiges sont aujourd’hui perdus au milieu des habitations, mieux vaut ne pas hésiter à demander son chemin

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4 commentaires

  1. Tous ds menteurs ces indonésiens !!!!
    En fait, c'est vous l'attractio, à Borobudur !!!!
    Ah l'électricité, rien ne vaut notre bon EDF !!!
    Et ce lever du soleil vraiment top, vous êtes les rois du monde !!!
    Cette expérience sur les ouvriers du soufre est vraiment exceptionnelle et inattendue.
    Bises BM

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  2. Merci pour ce nouveau dépaysement, quelle chance, les photos sont magnifiques et tellement extraordinaires qu'elle paraissent irréelles… Nous sommes contents que vous soyez de retour pour vous voir mais vos escapades vont nous manquer. Merci encore pour ces instants de reve… Tatie Minit

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