Laos : Champasak et le plateau de Bolaven

Depuis les 4000 îles, nous nous rendons à Paksé en minibus (45 000 Kips bateau inclus), impatients de retrouver un peu de civilisation car nous avons chacun une conjonctivite. C’était sans compter que nous sommes dimanche et que toutes les pharmacies sont fermées, nous laissant une seule option, l’hôpital.


Nous franchissons les portes de l’établissement où nous avons la chance de trouver une femme médecin qui parle anglais et qui nous conduit devant le service ophtalmologie. La porte est close, un numéro de téléphone est griffonné sur un bout de papier… l’ophtalmologue est partie faire ses provisions au marché pour le repas du soir. Nous attendons donc son retour pendant une dizaine de minutes, devant le regard curieux des quelques laotiens qui passent par là. Elle nous ouvre les portes d’un lieu qui semble, à nous français, figé dans les années 80. Mais l’essentiel y est et le diagnostique est sans appel, nous sommes condamnés à 5 jours de Tobradex, à raison d’une goutte dans chaque œil toutes les deux heures pendant les premières 48 h et une interdiction formelle de sortir de la chambre d’hôtel avant le lendemain. Elle sort de son sac à main deux flacons du précieux médicament et nous payons la consultation la moins chère de notre vie, 60 000 Kips chacun Tobradex compris (ça fait 6 € soit environ 8$ US, 60 HK$, 160 000 VND ou 32 000 riels pour ceux qui seraient perdus dans les conversions).

Premier jour de conjonctivite… Quasimodo !

Mis à part l’hôpital, les centres d’intérêts de la région se trouvent à quelques dizaines de kilomètres de Paksé. Nous aurions aimé éviter le scooter (seulement pour nos soucis médicaux !) mais après une étude approfondie des tarifs pratiqués pour les distances parcourues, on comprend vite qu’au Laos, le pays le plus pauvre de l’Asie du Sud-Est (le contexte est important), les agences et les hôtels proposent tous la même option, à savoir l’option la plus chère et celle qui fait travailler le plus de monde, et ce même pour de courtes distances. Ce sera donc le scooter !

C’est par hasard que nous tombons sur Yves, un belge marié à une laotienne, Miss Noy, l’endroit où louer des scooters à Paksé. Yves est bavard, il connait très bien la région et offre des cartes précises auxquelles il ajoute de nombreuses infos utiles. Pendant notre discussion, plusieurs touristes satisfaits rendent leur scooter le sourire aux lèvres ce qui suffit à nous convaincre que les conseils fournis sont fiables.

Nous avons deux jours et choisissons de couper la poire en deux avec une journée au Sud pour les vestiges du temple de Champasak et une journée à l’Est sur le plateau de Bolaven.

La route pour le temple « Wat Phu Champasak » s’étire sur 30 km, bordée de rizières verdoyantes et parsemée de quelques maisons sur pilotis, le Mékong à l’Est et les montagnes à l’Ouest.

Les vestiges du temple construit au 6ème siècle en l’honneur de la divinité Shiva rappellent l’architecture des temples d’Angkor (au Cambodge) et le site, à flan de montagne, offre un joli panorama sur la plaine du Mékong.

Au retour, nous faisons un arrêt à 3 kilomètres de Paksé pour gravir les marches qui conduisent au Bouddha de Phou Salao, censé offrir une belle vue sur la région mais le ciel s’est couvert. Nous rencontrons un groupe de bonzes qui demandent une photo souvenir.

Le lendemain, cap sur le plateau de Bolaven, en direction de Paksong. C’est à partir du kilomètre 32 que s’enchaînent les points d’intérêt de ce plateau propice à la culture du thé et du café. Nous commençons par les chutes de « Tad Itou » puis, à quelques kilomètres de là, nous rejoignons les cascades jumelles de « Tad Fan » qui semblent se précipiter dans un gouffre interminable creusé au milieu de la forêt.

Tad Itou

Tad Fan

De l’autre côté de la route principale, au bout d’un chemin de terre impraticable en cas de pluie, et après une centaine de mètres de marche en terrain glissant nous apprécions la beauté sauvage de la cascade de « Tad Champi ».

Au kilomètre 43 se trouve la cascade de Tad Yuang et un certain Mr Ingpong surnommé le Berrichon du Mékong. Si la visite de la cascade nous prend quelques dizaines de minutes, nous discuterons plus de 2h avec Mr Ingpong, propriétaire de la plantation de café et des restaurants qui bordent le site.

Né au Laos, il a travaillé en France et vit désormais sa retraite sur le plateau de Bolaven où il rend à son pays un peu de ce que la vie lui a donné… non content d’aider l’école locale, il envisage de créer un dispensaire. Passionné et passionnant il nous fait partager ses projets ainsi que sa passion pour les plantes, dont le thé et le café, au cours d’une visite improvisée sur sa propriété. Nous goûterons également un peu d’alcool de riz maison, parfumé à la cardamome, pour conclure cette entrevue avec celui qui dit, à juste titre, n’être là que pour les relations publiques.

Le temps passe vite et nous devons déjà retourner sur Paksé pour prendre le bus de nuit direction Vientiane…

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2 commentaires

  1. Tu as de beaux yeux Benoît !!!
    Ils ont l'air sympas ces bonzes, Justine tu aurais pû faire la pose avec eux !!!
    Magnifiques ces cascades
    Par contre les routes sont terribles !
    On en redemande, à bientôt. BM

    J'aime

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