Cambodge : Battambang et sa région

De Kampot il nous faut 5h pour rejoindre Phnom Penh dont 1h passée dans les bouchons. Il s’en suit le pire trajet que nous ayons effectué depuis notre départ. Nous achetons notre billet pour Battambang à la gare routière dédiée à la compagnie RMN, les prix ne sont pas affichés, on nous annonce 11$ et après avoir payé on comprend que c’est un peu cher pour le trajet effectué.

Au moment de partir, le chauffeur refuse de mettre nos sacs dans la soute, son « assistant » qui ne parle pas un mot d’anglais les place entre les sièges, au fond du bus alors que nos billets sont numérotés vers l’avant, et il nous fait comprendre qu’on doit s’asseoir avec les sacs à nos pieds, ce que nous refusons. A l’arrêt suivant le bus se remplit et nous sommes contraints de rejoindre les places qui nous étaient attribuées, il faudra quelques minutes de dialogue de sourd pour pouvoir laisser nos sacs dans l’allée. Cinq minutes plus tard le bus plein effectue un troisième arrêt et les passagers qui montent doivent s’asseoir sur des tabourets… dans l’allée. Nos bagages gênent et ils atterrissent finalement dans les soutes presque vides. Ça ressemble étrangement à du foutage de gueule ! Nous sommes 70 dans un bus de 50 places, la clim reste en panne pendant 2h, le bus s’arrête sans cesse et la fin du trajet se fait sur des routes complètement inondées… c’est donc bien fatigués que nous prenons une chambre au Royal Hotel où l’on nous offre la chambre intermédiaire (15$) au prix de la chambre standard (12$).

Le lendemain, rendez-vous 8h à la réception pour convenir d’un itinéraire et d’un prix afin de découvrir la région… en Tuk-tuk ! Au Cambodge le scooter laisse sa place à une remorque tirée par… un scooter. Nous partageons la journée et les 20 $ de transport avec Sabrina, une française vivant à Malaga, rencontrée le matin même à la réception.

Nous voilà donc partis sur les chemins de la province de Battambang avec pour première destination le « Bamboo Train » (5$ par personne). Cette « attraction » folklorique relie deux petits villages séparés par une immense étendue de rizière. Le principe est simple, une voie ferrée unique, empruntée dans les deux sens, où il faut donc démonter le « train » transportant le moins de voyageurs lorsqu’un autre « train » arrive en face. Le parcours fait 7 km, le train se compose de deux pairs de roues et d’un plateau motorisé posé directement sur les essieux, relié aux roues arrières par une courroie. La voie est également empruntée par quelques vaches et un nombre incalculable de sauterelles qui s’accrochent à nous pour profiter un peu du voyage.

A l’arrivée se trouve un petit village reculé, une fabrique de briques et une dizaine d’enfants qui nous offrent des bagues et des bracelets éphémères fabriqués à l’aide d’une simple feuille de palmier. La plupart parle anglais, parfois même un peu français et l’objectif est évidemment de nous attendrir pour vendre quelques bracelets faits de nylon et de perles pour 1$. Ils n’ont pas école depuis quelques jours à cause des inondations…

Sur la route pour le temple « Prasat Banan », nous faisons un arrêt près d’un canal où s’activent de nombreux pêcheurs. La crue de ces derniers jours a piégé des milliers de poissons qui suivent le courant pour rejoindre le lit de la rivière.

Un peu plus loin, notre guide nous fait la surprise d’un arrêt de quelques minutes pour observer une communauté  croissante de chauves-souris qui colonisent les arbres.

Une fois au pied de la colline de « Phnom Banan » nous gravissons les 358 marches qui conduisent à un jolie temple, un avant-goût de « Angkor Wat ».

Notre circuit s’achève par l’étape la plus marquante, la colline de Sampeau où se trouve les « Killing caves », des grottes dans lesquels les Khmers Rouges jetaient les cadavres égorgés lors du génocide cambodgien.
C’est un jeune garçon d’une douzaine d’années qui s’improvise guide et nous nous demandons s’il mesure le poids de l’histoire qu’il nous raconte (encore une fois dans un anglais parfait). Il nous conduit au temple bouddhiste alors transformé en prison puis aux tristes grottes où un Bouddha veille désormais sur un mémorial où subsistent quelques crânes de victimes.

Un peu plus loin un ensemble de temples peuplés de quelques macaques offrent une jolie vue sur la région de Battambang.

De retour en ville vers 17h30, nous décidons de nous rendre à la représentation de l’école de cirque de Battambang de 19h. Le temps d’une douche et nous voilà transportés pour un spectacle de qualité où les numéros s’enchaînent avec humour et nous laissent parfois quelques frissons dans le dos.

Les jeunes artistes s’amusent et le public aussi, mais toujours avec sérieux et sans jamais rester sur un échec, 10$ bien dépensés qui contribuent à payer la formation des élèves dont certains seront recrutés par de grands cirques internationaux.

Notre deuxième journée à Battambang se joue au rythme de la détente. Après un petit tour par le marché et une coupe de cheveux pour Benoît, la chaleur ambiante nous pousse jusqu’à la piscine après une promenade en bord de rivière et un arrêt devant la maison du gouverneur.

Un peu rebutés par la turbidité de l’eau et sa couleur verte, nous profitons plus de la douche froide et des transats que de la piscine, contrairement à d’autres touristes plus courageux !

A 16h, rendez-vous pour nos premiers cours de cuisine à « l’Autre goût du monde ». Au menu pour 10$ par personne, une visite du marché avec quelques détails sur les produits et la manière dont ils sont consommés. Les copeaux de coco sont produits et pressés en direct, une fois le précieux lait en poche, nous retournons au restaurant pour environ 2h30 d’apprentissage. Un mortier, un pilon, et nous préparons la pâte épicée qui sert de base au Amok national, de fins morceaux de poisson dans un curry au lait de coco, le tout cuit vapeur dans une feuille de bananier.

Un peu de taro, quelques carottes, du porc émincé, un savant mélange de sauces et d’épices et nous roulons nos nems dans leur feuille de blé avant de les frire.

Nous finissons nos classes par un Lok Lak, le plat colonial, du bœuf cuit à la poêle agrémenté d’un mélange d’épices, de coulis de tomate et de sauce soja, le tout surmonté d’un œuf au plat et servi avec du riz.

Il est 19h et il ne nous reste plus qu’à déguster.

Demain nous nous rendrons à Siem Reap, mais en raison des récentes inondations impossible de savoir si nous partirons en bus, en bateau ou en taxi… mais ça c’est une autre histoire 😉

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1 commentaire

  1. Dur dur ce voyage en bus ! C'est la loi de la jungle !
    Impressionnant les chauves souris! Brrrrrrrrrr!
    Vous vous faites un sacré programme entre les visites , excursions, spectacles et cuisine, le timing est hyper chargé mais cela va vous faire une sacrée expérience !!!
    Bizes. BM

    J'aime

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